San Giovanni Battista… en 5 anecdotes

Il y a beaucoup de choses à découvrir sur « San Giovanni Battista » et son compositeur Alessandro Stradella…

Alors pour satisfaire votre curiosité, on vous a concocté 5 des meilleures anecdotes autour de l’œuvre.

1/ Des découvertes récentes

Jusqu’à cette année, on croyait Alessandro Stradella né en 1639 à Nepi, près de Viterbe, au Nord de Rome. C’était du moins l’hypothèse de Carolyn Gianturco, qui a rédigé la première monographie universitaire sur le compositeur, et qui supposait que l’acte de baptême d’un Stefano Stradella, à la date du 3 avril 1639, indiquait le mauvais prénom. Mais le chercheur italien Davide Mingozzi a retrouvé à Bologne l’acte de naissance d’Antonio Alessandro Boncompagno Stradella. Ce qui explique que le compositeur fût présenté comme « de civitate Bononiæ ». Il n’est donc plus mort, comme on le croyait, à quarante-trois ans, mais à trente-neuf.

 

2/ Belle famille

Parmi les ancêtres du compositeur, on trouve deux évêques, dont en particulier Alessio Stradella qui entra dans les ordres et gravit progressivement les échelons jusqu’à devenir évêque ; ses sermons furent publiés en 1567. De plus, un des oncles d’Alessandro Stradella était frère dominicain ; il fut à l’origine de la construction de l’orgue de l’église San Tolomeo de Nepi. Quant au père de Stradella, Marc’Antonio, c’est lui qui fit recueillir et imprimer le Premier Livre de Madrigaux du compositeur et théorbiste Girolamo Kapsberger.

 

3/ Des circonstances exceptionnelles…

Des quatorze oratorios commandés par la confrérie de l’église des Florentins à Rome pour célébrer l’année sainte 1675, San Giovanni Battista de Stradella est le seul dont la partition soit conservée. On est même assez bien documenté sur la distribution, exclusivement masculine : les rôles de Jean-Baptiste et Salomé étaient tenus par les castrats Giuseppe Maria Donati et Giovanni Francesco Grossi dit Siface ; ce dernier voyagea dans toute l’Europe et connut même Henry Purcell. Dans l’orchestre, on retrouve le violoniste Carlo Ambrogio Lonati, avec qui Stradella se lia d’amitié, et le luthiste Lelio Colista, tous deux compositeurs par ailleurs.

 

4/ … donnent un oratorio exceptionnel

Stradella lui-même considérait que le San Giovanni Battista était l’une de ses meilleures œuvres. Dans son Histoire générale de la musique, le musicographe Charles Burney consacre plusieurs pages à cet oratorio dans lesquelles il ne tarit pas d’éloges et proclame même qu’à part chez Handel, il n’a jamais entendu de meilleur chœur que celui chanté par les cinq disciples de Jean-Baptiste, « Dove, dove Battista ». Et Handel lui-même possédait un manuscrit de l’oratorio de Stradella.

 

5/ Stradella, héros d’opéra

La vie romanesque de Stradella, ses liaisons dangereuses et l’assassinat qui mit fin à son existence aventureuse font de lui un personnage hautement romanesque, et il n’est pas surprenant que le personnage de ce compositeur au tragique destin ait inspiré plusieurs de ses confrères de l’âge romantique. Dans l’Histoire de la musique et de ses effets de l’abbé Bourdelot, publiée en 1715, il est le seul musicien italien qui fasse l’objet d’une notice biographique, assez fantasque d’ailleurs. Dans les années 1840, en France et en Allemagne, le créateur du San Giovanni Battista devint le héros de deux livrets d’opéra écrit par Émile Deschamps et Emiliano Pacini : le premier, à Paris, fut mis en musique simultanément par Louis Niedermeyer et par le jeune César Franck, encore adolescent ; le second, à Hambourg, fut confié à Friedrich von Flotow qui signa la partition d’un Alessandro Stradella promis à une belle carrière sur les scènes des maisons d’opéra allemandes et autrichiennes. Tout récemment encore, le compositeur italien Salvatore Sciarrino s’est inspiré de Stradella pour son opéra Ti vedo, ti sento, mi perdo, joué à la Scala de Milan en 2017. Enfin, en 1999, le musicologue et romancier Philippe Beaussant signait avec son Stradella un roman où la fiction se mêle à la réalité.