Le Vaisseau Fantôme en 5 anecdotes

Il y a beaucoup de choses à dire sur "Le Vaisseau fantôme"...

Alors pour satisfaire votre curiosité, on vous a concocté 5 des meilleures anecdotes autour de l'œuvre. 

1°Une tempête peut en cacher une autre

Le Vaisseau fantôme serait-il une œuvre autobiographique ? Certaines parties du livret de l’opéra de Wagner pourraient faire directement écho à un épisode de la vie du compositeur en 1839. Cette année-là, Wagner et sa femme effectuent un voyage en bateau de Riga jusqu’à Londres quelque peu traumatisant : une mer démontée, un naufrage évité de justesse et une angoisse constante à l’idée qu’ils pourraient trouver la mort à tout instant. « Je n’oublierai jamais cette traversée », raconte-t-il… Ayant déjà pris connaissance à Riga d’une histoire de marin maudit en quête de rédemption un an plus tôt, c’est aussi à bord du bateau qu’il entend parler de cette légende de la bouche de marins. L’imagination faisant le reste, il en fera la base du récit de son futur opéra qui verra le jour seulement 2 ans après.

 

 

2°Une œuvre salvatrice

Wagner quitte Riga pour tenter plus loin sa chance à Paris où il nourrit beaucoup d’espoirs. Mais tous ses rêves éclatent comme des bulles de savon. Son opéra La Défense d’aimer est prêt à être joué au Théâtre de la Renaissance mais ce dernier fait faillite avant même le début des répétitions. Il écrit ensuite Rienzi mais personne ne montre le moindre intérêt pour cet ouvrage. C’est alors que vient sa dernière chance : l’Opéra de Paris lui demande de réfléchir à un sujet d’opéra en un acte. Il propose alors une esquisse en prose écrite en français sur un sujet qu’il était en train de murir : Le Hollandais volant (nom d’un fantôme de mer). Contraint d’abandonner le projet à la suite de gros différends, il décide de céder ses esquisses à l’Opéra de Paris pour 500 francs et de reprendre le contrôle de son œuvre. Après des mois d’écriture et de persévérance, il monte finalement Le Vaisseau Fantôme le 2 janvier 1843 à Dresde sous sa propre direction. Un succès balbutiant de l’œuvre qui aura néanmoins fait le tour du monde à la fin du siècle.

 

 

3° Les débuts du « drame musical » wagnérien

Wagner a trouvé dans cette légende du Hollandais volant le parfait sujet pour y développer ses thèmes de prédilection, en particulier celui du héros en quête de rédemption par l’amour, et qui feront l’essence de ses plus grandes œuvres à venir. Tannhäuser, Lohengrin ou encore Tristan et Isolde, tous ces opéras ont en commun une conception de l’amour qui tend vers l’union de sentiments sublimés, allant au-delà de la mort. Avec Le Vaisseau fantôme, il commence véritablement à puiser dans les vieilles légendes, les poèmes et les mythes médiévaux qui feront le lit de ses folles idées de grandeur. Une fusion complète entre la musique, le drame et la poésie en somme. Le drame musical wagnérien est né. « C’est un hasard heureux que ce soit justement Le Vaisseau Fantôme, cette œuvre […] moins ambitieuse que les autres […], qui m’ait donné la première l’occasion de renouer avec le monde merveilleux et étrange du théâtre » explique Wagner.

 

 

4° Le leitmotiv de sa vie

« Cette histoire […] se grava en moi de manière indélébile ». Richard Wagner n’a eu de cesse de vouloir remanier Le Vaisseau fantôme tout au long de sa carrière. Créé en 1843, il lui apporte cependant des modifications dès 1852 pour une nouvelle production à Zurich. En 1860, il reprend notamment l’« Ouverture » et le « Finale » pour y intégrer le thème de la rédemption, associé au personnage de Senta. Ce procédé, Wagner l’a depuis beaucoup perfectionné au point de devenir l’une de ses signatures, le leitmotiv : l’idée qu’un personnage ou une thématique puisse musicalement évoluer en parallèle à l’histoire. C’était ce qui manquait, pensait-t-il, à son Vaisseau Fantôme.

 

 

5° Une mise en scène qui ne tombe pas à l’eau

Afin de faire ressentir au mieux l’action basée autour de cette légende du Hollandais volant, il fallait au compositeur beaucoup d’effets à sa disposition : la mer, des bateaux, des tempêtes. Mais l’illusion donnée par ce côté « naturaliste », déjà voulu à son époque, a toujours constitué un des problèmes majeurs pour la mise en scène du Vaisseau fantôme. Dans la version qui vous est proposée, reprise de la production du Théâtre de Hagen en 2017, le choix de mise en scène des sœurs Blankenship ne s’est ni plus ni moins porté sur une piscine géante sur scène ! Avec plus de 25m cubes d’eau (soit 25 tonnes), quoi de mieux pour immerger les chanteurs et les spectateurs dans le drame ?